- La biodiversité, longtemps perçue comme un sujet purement environnemental, est désormais reconnue comme un enjeu financier en raison des dépendances économiques, des risques physiques et des tensions sur les ressources qu'elle implique.
- Contrairement au climat, la biodiversité est plus complexe à intégrer dans les analyses financières car elle touche simultanément les sols, l'eau, les forêts, les océans, les pollinisateurs et l'ensemble des interactions entre activités humaines et vivant.
- Plusieurs dynamiques accélèrent la prise en compte de la biodiversité : multiplication des risques physiques, évolution des cadres réglementaires européens, montée des attentes des investisseurs et développement de la double matérialité.
- Les cadres méthodologiques liés à la biodiversité restent encore en construction, avec des données partielles et des approches qui diffèrent fortement selon les secteurs et les géographies.
- Cette évolution élargit la vision de la finance durable au-delà du seul carbone, en intégrant la biodiversité, l'eau et les ressources naturelles dans l'analyse des risques et des opportunités de long terme.
Pendant longtemps, la biodiversité a été perçue comme un sujet essentiellement environnemental.
La biodiversité est souvent considérée comme importante, mais éloignée des mécanismes financiers et des décisions d’investissement. Aujourd’hui, cette perception évolue. Derrière la biodiversité se cachent aussi :
- des dépendances économiques,
- des risques physiques,
- des tensions sur les ressources,
- des enjeux de chaîne de valeur,
- et des questions de résilience des modèles économiques.
La biodiversité devient véritablement un sujet financier.
Car derrière les enjeux liés au vivant se cachent aussi des questions de disponibilité des ressources, de stabilité des chaînes d’approvisionnement, de résilience économique et, progressivement, de création de valeur à long terme.
Un enjeu plus complexe à appréhender que le climat
Le climat s’est imposé dans la finance grâce à des indicateurs relativement structurés, tels que les émissions carbone, les scénarios, les budgets carbone.
La biodiversité est différente, car elle touche simultanément les sols, l’eau, les forêts, les océans, les pollinisateurs, les usages des terres et l’ensemble des interactions entre activités humaines et vivant.
Cette complexité explique pourquoi elle a longtemps été peu intégrée dans les analyses financières.
Pourtant, les dépendances économiques sont bien réelles
Comme le rappelle la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, de nombreuses activités économiques dépendent directement du bon fonctionnement des écosystèmes : qualité des sols, disponibilité de l’eau, pollinisation, stabilité des ressources naturelles ou résilience des chaînes de valeur.
Des secteurs comme l’agriculture, l’alimentation, le textile, la santé, la construction, l’industrie, l’énergie ou le tourisme sont directement concernés.
Dans le MOOC de la finance durable d’Horizon & Beyond, Marguerite Culot, experte nature au sein du groupe Caisse des Dépôts, explique que les acteurs financiers comprennent mieux ces dépendances et leurs implications économiques. Pendant longtemps, les impacts sur la nature ont souvent été considérés comme des externalités difficiles à mesurer. Aujourd’hui, ils sont analysés aussi sous l’angle des risques, des vulnérabilités et des dépendances de long terme.
Pourquoi le sujet accélère maintenant
Plusieurs dynamiques convergent :
- la multiplication des risques physiques,
- les tensions croissantes sur certaines ressources,
- l’évolution des cadres européens,
- la montée des attentes investisseurs,
- et le développement des méthodologies liées à la nature.
La double matérialité joue également un rôle important. Les entreprises et les investisseurs cherchent désormais à mieux comprendre leurs impacts sur les écosystèmes, mais aussi leur dépendance au vivant. Cette évolution est récente, mais elle s’accélère rapidement.
Le sujet gagne également en visibilité dans les écosystèmes financiers. Publications, outils, méthodologies et webinaires consacrés à la biodiversité se multiplient au sein des institutions financières, des places de marché et de certains acteurs publics.
La biodiversité devient un sujet de gestion des risques
Dans le MOOC, Marguerite Culot rappelle que les enjeux liés à la nature ne concernent pas uniquement la protection de l’environnement. Ils peuvent aussi affecter les chaînes d’approvisionnement, la disponibilité des ressources, certains modèles agricoles ou industriels, les coûts opérationnels et la résilience des activités économiques.
Autrement dit, la biodiversité entre désormais dans les analyses de risques financiers et extra-financiers.
Un sujet encore en construction
Contrairement au climat, les cadres liés à la biodiversité sont encore en phase de structuration.
Comme le souligne un rapport de l’Institut de la Finance Durable, les acteurs financiers cherchent encore à mieux mesurer leurs dépendances à la biodiversité, les impacts associés à certaines activités économiques et les vulnérabilités susceptibles d’affecter les portefeuilles à long terme.
Les données restent encore partielles. Les méthodologies évoluent rapidement. Et les approches diffèrent encore fortement selon les secteurs et les géographies.
Une vision plus large de la finance durable
Pendant longtemps, la finance durable s’est principalement concentrée sur le carbone et le climat. Aujourd’hui, le regard s’élargit progressivement : biodiversité, eau, ressources naturelles,
dépendances des chaînes de valeur,
- résilience des systèmes économiques.
Cette évolution traduit une prise de conscience progressive : les équilibres économiques dépendent aussi du bon fonctionnement des écosystèmes et de la disponibilité des ressources naturelles.
Et cela transforme déjà la manière dont les investisseurs, entreprises et institutions financières analysent les risques et les opportunités de long terme.
Une transformation qui ne fait que commencer
La biodiversité ne remplace pas les enjeux climatiques, elle enrichit la manière dont la finance analyse les dépendances, les ressources, les risques physiques, la résilience et la création de valeur dans le temps long. Cette évolution ne fait probablement que commencer.
Pour aller plus loin
👉 Rejoignez le MOOC Complet d’Horizon & Beyond en partenariat avec l’Institut Louis Bachelier et l’Institut de la Finance Durable, pour acquérir des repères clairs sur la double matérialité et les transformations en cours dans la finance durable.
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Questions fréquentes
La biodiversité est devenue un sujet financier car de nombreuses activités économiques dépendent directement du bon fonctionnement des écosystèmes : qualité des sols, disponibilité de l'eau, pollinisation et stabilité des chaînes d'approvisionnement. Ces dépendances représentent des risques concrets pour les portefeuilles d'investissement et la résilience des modèles économiques à long terme.
Le climat s'est imposé en finance grâce à des indicateurs relativement structurés comme les émissions carbone et les scénarios climatiques. La biodiversité est plus complexe car elle touche simultanément les sols, l'eau, les forêts, les océans, les pollinisateurs et l'ensemble des interactions entre activités humaines et vivant, ce qui rend sa mesure et son intégration dans les analyses financières plus difficiles.
Les secteurs les plus directement concernés par les dépendances à la biodiversité sont l'agriculture, l'alimentation, le textile, la santé, la construction, l'industrie, l'énergie et le tourisme. Ces activités reposent sur le bon fonctionnement des écosystèmes pour la disponibilité des ressources naturelles et la stabilité de leurs chaînes de valeur.
La double matérialité appliquée à la biodiversité signifie que les entreprises et investisseurs cherchent à comprendre à la fois leurs impacts sur les écosystèmes et leur propre dépendance au vivant. Cette approche permet d'analyser les risques financiers liés à la dégradation de la nature tout en évaluant les conséquences des activités économiques sur la biodiversité.
Les cadres liés à la biodiversité sont encore en phase de structuration. Les données restent partielles, les méthodologies évoluent rapidement et les approches diffèrent fortement selon les secteurs et les géographies. Néanmoins, les publications, outils et méthodologies se multiplient au sein des institutions financières pour mieux mesurer les dépendances et vulnérabilités des portefeuilles.